Le dévoilement par Nvidia du Deep Learning Super Sampling 5 (DLSS 5) a été largement ridiculisé, les joueurs accusant la technologie de transformer les personnages du jeu en versions trop raffinées d’eux-mêmes générées par l’IA. La réaction se concentre sur la façon dont la nouvelle fonctionnalité d’amélioration de l’image semble donner la priorité à l’embellissement artificiel plutôt qu’à l’intégrité artistique, soulevant des inquiétudes quant à l’avenir de la conception visuelle dans les jeux vidéo.
La « yassification » des graphismes de jeu
DLSS 5, qui, selon Nvidia, fournira des « visuels quasi photoréalistes » grâce à l’IA générative, a déclenché une tempête de mèmes sur les plateformes de médias sociaux comme YouTube, Reddit et X. Les utilisateurs partagent des comparaisons côte à côte de personnages de jeu avec et sans la nouvelle technologie, beaucoup soulignant que les visages semblent sensiblement modifiés : une peau plus lisse, des imperfections réduites et un éclairage non naturel.
Cet effet a été largement décrit comme une « yassification » – un terme utilisé pour se moquer des images éditées pour paraître excessivement raffinées ou conventionnellement attrayantes au détriment du réalisme. Un mème viral présente Kratos de God of War, avec la version “DLSS 5 on” représentée avec un maquillage exagéré et des traits adoucis.
Il ne s’agit pas seulement d’une question d’esthétique ; il s’agit de contrôle artistique. Les joueurs affirment que la technologie va au-delà de la simple amélioration des performances et s’étend sur un territoire où l’IA modifie activement la direction artistique originale, sapant potentiellement le style visuel unique des jeux individuels.
Préoccupations concernant la fidélité par rapport à la direction artistique
L’objectif initial du DLSS était d’augmenter la résolution et d’améliorer les performances. La nouvelle version, cependant, génère des cadres entièrement nouveaux, ce qui soulève des questions sur le pouvoir que les développeurs céderont à l’IA. Certains craignent que ce changement donne la priorité à la « fidélité » plutôt qu’à la vision artistique, ce qui donnerait lieu à des jeux techniquement impressionnants mais sans âme.
“À un moment donné, cela ne ressemble plus à un “jeu”. Cela ressemble juste à une vidéo ou à un film IRL avec des personnages que vous pouvez contrôler… D’une certaine manière, ça ne ressemble pas du tout.”
Ce sentiment, repris par de nombreuses personnes en ligne, met en évidence l’effet « vallée étrange », où les graphismes hyperréalistes semblent plus troublants qu’immersifs.
Réalités technologiques et commerciales
Le déploiement du DLSS 5 soulève également des questions pratiques. La démo de Digital Foundry nécessitait deux GPU RTX 5090 haut de gamme pour fonctionner efficacement, alimentant le scepticisme quant à la possibilité que la technologie soit accessible à la plupart des joueurs. On soupçonne de plus en plus que Nvidia présente la technologie comme un avenir tape-à-l’œil, alors que la majorité des joueurs sont actuellement aux prises avec du matériel coûteux.
Le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a rejeté les critiques, insistant sur le fait que les développeurs conservent le contrôle artistique total sur DLSS 5. Bethesda, l’un des premiers studios à répondre, a également affirmé que les premières images n’étaient qu’un « aperçu très précoce » et que la mise en œuvre finale serait facultative et sous le contrôle de l’artiste. Cependant, le scepticisme demeure, surtout compte tenu des exigences élevées en matière de performances.
L’essentiel
Le DLSS 5 de Nvidia représente une avancée majeure dans le domaine des graphiques basés sur l’IA, mais son accueil a été résolument mitigé. Ce contrecoup souligne une tension croissante entre la fidélité technique et l’intégrité artistique dans le jeu, et soulève des inquiétudes légitimes quant à savoir si l’amélioration de l’IA profitera réellement aux joueurs ou créera simplement un nouveau standard de visuels irréalistes et trop soignés.
