Dairy Queen étend officiellement son empreinte numérique en déployant des chatbots alimentés par l’IA dans les services au volant de certains emplacements aux États-Unis et au Canada. Cette décision marque le dernier chapitre d’une tendance plus large du secteur où les géants de la restauration rapide se tournent de plus en plus vers l’automatisation pour gérer les heures de pointe et optimiser leurs ventes.

Efficacité et vente incitative : le double objectif

L’objectif principal de ce déploiement est double : vitesse et revenus. Selon The Wall Street Journal, la technologie est conçue pour accélérer le service pendant les périodes de pointe tout en agissant simultanément comme un vendeur numérique, encourageant les clients à ajouter des articles supplémentaires à leurs commandes.

Le système est alimenté par Presto, un spécialiste de l’IA qui fournit déjà des services similaires à des marques comme Carl’s Jr., Hardee’s et Taco John’s. Même si la technologie promet une interaction transparente, elle n’est pas sans complexité :
Précision : Les rapports indiquent que le chatbot maintient un taux de précision d’environ 90 %.
L’élément « humain » : Des enquêtes antérieures menées par Bloomberg ont suggéré que certains services au volant basés sur l’IA pourraient en fait être pris en charge par des travailleurs humains dans des endroits éloignés, comme aux Philippines, pour garantir le bon fonctionnement des opérations.
Cohérence : Le vice-président exécutif de l’informatique de Dairy Queen, Kevin Baartman, a noté que lors des tests, y compris un événement promotionnel proposant des glaces gratuites, les robots sont restés calmes et efficaces même pendant les longues files de voitures.

Une tendance croissante du secteur et ses difficultés croissantes

Dairy Queen n’est pas seul dans cette quête. Le secteur de la restauration rapide est aujourd’hui un terrain d’expérimentation pour l’IA conversationnelle, avec plusieurs acteurs majeurs tentant de trouver le juste équilibre entre automatisation et satisfaction client :

  • Wendy’s : a expérimenté des systèmes d’IA basés sur Google.
  • McDonald’s : Réalisation de brefs programmes pilotes pour tester la faisabilité de la commande par chatbot.
  • Burger King : teste actuellement l’IA dans moins de 100 restaurants, en se concentrant sur l’utilisation de chatbots dans les écouteurs des employés pour surveiller la « convivialité » et aider à la préparation des repas.
  • Taco Bell : réévalue actuellement sa stratégie de déploiement après que des clients ont exprimé leur frustration face aux erreurs d’IA et ont même tenté de « troller » le système.

Pourquoi c’est important

L’évolution vers l’IA dans la restauration rapide représente un tournant important dans la manière dont les industries de services gèrent la main-d’œuvre et l’expérience client. Même si la promesse d’une réduction des temps d’attente et d’une précision accrue des commandes est séduisante pour les propriétaires de franchises, le secteur est confronté à une courbe d’apprentissage abrupte.

Les frictions rencontrées par les clients de Taco Bell mettent en évidence un défi crucial : l’IA doit être suffisamment sophistiquée pour gérer l’imprévisibilité de la parole humaine et les nuances des commandes complexes. Si la technologie ne répond pas aux attentes des consommateurs, les gains d’efficacité pourraient être compensés par la frustration des clients et l’érosion de la marque.

Alors que les chaînes de restauration rapide passent du stade des tests à celui de la mise en œuvre à grande échelle, le succès de ces robots dépendra de leur capacité à véritablement imiter le service humain sans les erreurs « robotiques » qui ont entravé les déploiements précédents.

Conclusion
Le déploiement de Dairy Queen est un test à enjeux élevés pour déterminer si l’IA peut réussir à équilibrer la vitesse opérationnelle avec la nature imprévisible du service client humain. Le résultat indiquera probablement si l’automatisation deviendra un élément permanent ou un avertissement dans l’industrie de la restauration rapide.